Une nouvelle semaine Sélection CULTURE

Déconfinés, mais toujours solidaires !

C’est avec beaucoup de plaisir que vous offrons, cette semaine encore, un peu des ateliers et des coups de coeurs de notre équipe, toujours à emporter :

Cette semaine Stefania, comédienne, professeure de Théâtre Adultes à L’Annexe et artiste de la Cie Jetzt, vous propose un rendez-vous avec un de ses compatriotes : le dramaturge, romancier et poète Franco-Roumain Matéi Visniec, via un des textes du Cabaret des mots : « Lettre du mot caca aux humain », lu par le metteur en scene et comedien Pierre Chocoy-Jarrett.

 

Le Cabaret des Mots est une suite de textes à la croisée de plusieurs genres : inventaire surréaliste, poèmes en prose, saynètes pour le théâtre. Avec une virtuosité tragi-comique, Matei Visniec dresse ici une galerie de portraits constitués des mots du quotidien, qui se retrouvent mis en scène, personnifiés et doués de sentiments. Souvent dotés d’une psychologie torturée, les mots parlent et nous font part de leurs espoirs et de leurs craintes. Avec un langage simple, mais des échos poétiques d’une grande profondeur.
Un bon exemple de ce travail est la lettre adressée aux humains concernant le mot « caca », qui se souvient avec nostalgie du temps béni de l’enfance ; Choyé par les hommes tant qu’ils sont bambins, que sa seule évocation met en joie, le mot « caca », honni par les adultes de toute conversation « comme on le ferait d’une ancien ami qu’on aurait honte de continuer à fréquenter», se plaint-il dans une longue lettre, aux accents à la fois émouvants et dignes, d’être méprisé et traité comme de la… merde ! Il faut du génie pour ne pas se prendre ici les pieds dans le tapis de la vulgarité et presque parvenir à susciter l’empathie du lecteur.

 

Sylvain Menard, artiste de la Cie Jetzt, professeur de Théâtre enfants et des stages marionnettes à L’Annexe, se propose de vous lire des extraits choisis du Journal d’un corps, de Daniel Pennac. Bonne écoute !

Pour s’y retrouver parmi la quantité de propositions mises à disposition sur le Web, l’équipe de L’Annexe sélectionne aussi chaque semaine pour vous plusieurs perles culturelles.

A regarder – Notre sélection des spectacles disponibles gratuitement en version intégrale cette semaine :

Pour les adultes : « Bérénice » de Célie Pauthe (Théâtre)

Quand la voix de Duras se mêle à celle de Racine.
 » Titus aimait Bérénice. Bérénice aimait Titus. Mais l’État a ses raisons que la raison ne peut ignorer. Leurs amours sont impossibles, Bérénice est répudiée. C’est un véritable instant de grâce qui se joue dans cette mise en scène, nous faisant mesurer l’incroyable modernité de Racine. »

Tant et tant montée, » Titus et Bérénice « , que l’on considère comme l’une des plus belles pièces du répertoire classique peut encore nous surprendre et nous émouvoir. Jouée au Théâtre de l’Odéon à Paris et partout en France, la création de Célie Pauthe fait résonner les vers raciniens avec la voix bouleversante de Marguerite Duras dans le film Césarée qu’elle réalisa en 1979, s’inspirant du retour de Bérénice sur sa terre natale. / Pour découvrir le spectacle

 

« Il Silenzio » De Pippo Delbono (Théâtre)

« Il Silenzio est fondé sur une mémoire liée au dévastateur tremblement de terre, qui en 1968, a détruit la vieille ville de Gibellina en Sicile. Il ne s’agit pas de raconter un fait historique, mais de s’arrêter sur cet instant-là, éternel, qui recèle le silence de la mort et le silence de la vie. L’instant où tout peut changer, l’instant que referme une éternité ; Là, dans ce lieu où tout a disparu, revient un monde d’enfance et de vieillesse. » Pippo Delbono

Pour découvrir le spectacle

 

 

 

Hommage, et (re) découverte
Michel Piccoli, légendaire acteur de cinéma et de théâtre, nous a quitté ce lundi 18 mai 2020, à l’âge de 94 ans. « Le théâtre, j’y reviens toujours », disait le grand comédien, tout aussi célébré pour ses interprétations sur les planches que sur grand écran.
En 1981, Dans La Cerisaie de Tchekhov, mis en scène par Peter Brook, Michel Piccoli joue avec brio Léonid, le maître de la Cerisaie, symbole de leur société qui meurt…
Vous pourrez découvrir, ou redécouvrir cette semaine gratuitement ce classique.

« La Cerisaie », d’Anton Tchekhov par Peter Brook, avec Michel Piccoli (Théâtre)

Peu de pièces auront été autant jouées que La Cerisaie, depuis sa création en 1904. Et supporté des éclairages, des commentaires aussi contradictoires. Pièce-testament (Tchekhov meurt l’année même de la parution de la pièce), oeuvre charnière, La Cerisaie referme doucement une porte sur un monde agonisant, tandis qu’une autre s’entrouvre, par où pénètre, comme par effraction, l’aube d’une ère nouvelle. Aube ou crépuscule ? Tchekhov ne tranche rien. Il décrit le neuf et l’ancien, le passé comme l’avenir, avec les mêmes couleurs indécises, fluctuantes.

En 1981, Peter Brook se confronte pour la première fois à Tchekhov, lui qui était reconnu comme un spécialiste de Shakespeare. Sa Cerisaie est une vieille bâtisse délabrée, quasi-nue, si ce n’est les tapis roulés et déroulés au fur et à mesure des allers-venues des personnages. A ce décor dépouillé répondent le rythme vif et le parler naturel des immenses comédiens choisis par Peter Brook comme Natasha Parry, Niels Arestrup ou Michel Piccoli. / Pour découvrir le spectacle

 

Pour les plus jeunes, et les classes :« Déter »,de Bapptiste Amann (Théâtre)

« DÉTER est une pièce de théâtre sur la violence scolaire et le déterminisme social, initiée par le théâtre de La Colline dans le cadre du projet Education & Proximité, et jouée à Paris, Strasbourg, Reims pour un public de lycéens professionnels ou d’élèves de ZEP.

Des parents (Elle et Lui) sont convoqués de façon urgente dans le bureau d’une directrice d’école (L’Autre) à propos d’un incident survenu le jour-même, impliquant leur fils. Manifestement mal à l’aise à l’idée d’annoncer aux parents la nouvelle, la directrice se lance dans une logorrhée qui impatiente ses interlocuteurs.
Le vivre-ensemble est au cœur de la pièce et renvoie les élèves spectateurs à leur quotidien. Le théâtre leur offre un espace de réflexion et de parole bienvenu que les ateliers avec les auteurs autour de l’œuvre poursuivront par la suite.
Ecrit par Baptiste Amann et mis en scène par Rémy Barché.» / Pour découvrir le spectacle

 

A écouter – Notre selection de Poadcast audios culturels disponibles cette semaine :

« Le Joueur d’échecs » de Falk Richter,lu par Edouard Baer

Une invitation de Christophe Rioux, critique pour La Dispute, à découvrir « Le Joueur d’échecs », la dernière oeuvre de Stefan Zweig.
« Le Joueur d’échecs de Stefan Zweig en livre audio, à la fois allégorie du confinement que nous venons de vivre et preuve incontestable de la capacité du livre audio à proposer une autre expérience de la littérature. »

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« À la recherche de Jeanne », un podcast de Zazie Tavitian

« En retrouvant le livre de cuisine de son aïeule morte en déportation, la journaliste gastronomique Zazie Tavitian a aussi exhumé toute son existence. Elle la raconte dans A la recherche de Jeanne, un podcast bouleversant. »

Pour découvrir le podcast

 

 

 

 

Pour les plus petits (mais aussi les plus grands!) : « Le petit Nicolas​ », Lecture du texte de Goscinny par Jacques Bonnaffé

Écrites sous forme de courts récits dans lesquels se mêlent l’humour et la tendresse de l’enfance, les aventures du Petit Nicolas mettent en scène un petit garçon dans un environnement urbain pendant les années 1960. Le personnage y livre ses pensées intimes grâce à un langage enfantin créé par Goscinny et les thèmes sont avant tout ceux de l’enfance (la camaraderie, les disputes, les rapports avec la maîtresse d’école, les premières amourettes…) mais il y décrypte également le monde complexe des adultes : l’éducation, les disputes familiales, les rapports entre voisins, la relation du père avec son patron, etc.  / Pour découvrir le podcast

 

« L’enfant de la haute mer » et « La jeune fille au violon » de Jules Supervielle

« Quelque part dans l’Océan, une petite fille marche dans une rue flottante. Qui est-elle ? Comment vit-elle ? Dès qu’un navire s’approche, elle s’endort et le village disparaît sous les flots.
Mais, un jour, un cargo passe et fait retentir sa sirène.
« Au secours ! » s’écrie la petite fille, animée d’un fol espoir. Les marins entendront-ils l’appel de l’enfant de la haute mer ? Une rêverie en mer née au cours des longues traversées que Jules Supervielle effectua entre l’Europe et l’Amérique du Sud. Un conte poétique bouleversant.»

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